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Dans cet article, Anaïs partage son retour d’expérience en matière de recrutement d’anciens militaires dont elle retire ces 3 enseignements :
- Tous les matins, les équipes commencent leur journée par un briefing. On a beau dire tout ce que l’on veut mais cela donne le ton de la journée. Lorsque les informations sont données avec une clarté dans la voix et de la conviction, cela fait la différence.
- La notion de solidarité que les militaires peuvent avoir connu ne sera peut-être pas au même niveau dans une entreprise privée. Ce qui est ressorti avec les profils militaires est relativement similaire à ce qu’il se passe avec les profils de l’aéronautique, qui ont connu un environnement extrêmement propre, très porté sur les normes et la qualité
- Je me permets d’alerter sur le fait que lorsqu’un profil tombe dans une structure moins organisée (avec sans doute moins de moyen), cela peut être plus compliqué pour des profils ayant beaucoup de rigueur car ils ne comprennent par exemple pas pourquoi la direction laisse des entrepôts en bataille.
Avez-vous des liens particuliers avec les armées ?
Pas du tout, hormis le fait d’avoir un père qui a fait toute son école de médecine au sein de l’armée. Mais il m’est arrivé soit de recruter, soit d’animer des collaborateurs qui avaient eu une belle carrière militaire. Cela a toujours été une réussite et avec du recul, j’ai eu la possibilité de voir ce qui fonctionne bien par rapport à la logistique, mais aussi d’identifier les éléments à travailler pour ajuster les choses.
Qu’est-ce qui a fait que vous ayez recruté d’anciens militaires ?
C’est une coïncidence. Je me rappelle avoir reçu un ou deux profils lorsque j’étais en cabinet de recrutement, et mon directeur m’avait d’ailleurs dit qu’il adorait les anciens militaires. Sans tomber dans le cliché, je retrouvais une forme de rigueur avec des candidats toujours à l’heure, qui ne faisaient pas faux bond aux entretiens et qui étaient très attentifs à la structure ainsi qu’à la hiérarchie en entreprise. A l’époque, j’avais dû placer un ou deux profils qui avaient fait une formation dans le secteur informatique et cela s’est très bien passé pour eux.
J’ai pu aussi avoir ce type de profil chez U Logistique pour des postes de préparateur de commandes et également un manager qui avait passé au moins 25 ans à l’armée. J’ai pu avec lui voir comment cela pouvait se passer en matière d’animation de collaborateurs, tant sur les points forts que sur les points faibles. Comme toujours, cela s’est fait avec beaucoup d’ouverture d’esprit dans l’idée que cette expérience de vie pouvait être intéressante en logistique ou d’autres secteurs.
Comment s’est passée l’intégration de ces profils ?
Dès l’entretien, je fais en sorte de faire une visite poussée du site pour laisser le temps de s’imprégner de l’atmosphère et de découvrir le comportement des collaborateurs. L’intégration se passe donc assez simplement car l’environnement est plutôt facile à cerner en matière d’organisation. Le métier d’U Logistique dispose aussi d’une logique de qualité et de performance faisant que cela fonctionne souvent tout de suite même pour quelqu’un qui n’a jamais vu un entrepôt logistique.
Cependant, je me permets d’alerter sur le fait que lorsqu’un profil tombe dans une structure logistique moins organisée (avec sans doute moins de moyen), cela peut être plus compliqué pour des profils ayant beaucoup de rigueur car ils ne comprennent par exemple pas pourquoi la direction laisse des entrepôts en bataille. J’ai le souvenir de personnes m’ayant dit avoir passé des entretiens avec d’autres structures logistiques et avec lesquelles elles n’avaient pas accroché du fait que l’entrepôt était d’une certaine manière laissé à l’abandon. Ils ne s’y étaient pas forcément retrouvé en termes de valeur.
On peut avoir tendance à penser qu’il s’agit d’un métier très solitaire mais ce n’est pas le cas
Un autre point d’alerte est que la notion d’équipe est très forte dans la logistique. Bien que les employés travaillent avec une vocale (il leur est confié un smartphone avec des écouteurs qui leur permettent d’être guidés dans les allées pour les commandes). On peut avoir tendance à penser qu’il s’agit d’un métier très solitaire mais ce n’est pas le cas. Certes les employés sont sur un chariot de manutention avec leur vocale mais le travail ne se fait jamais tout seul car il s’agit d’un environnement avec beaucoup d’autres personnes : si le produit est déposé « à l’arrache », la personne qui passera après ne va pas forcément apprécier.
Les managers insistent donc beaucoup sur le fait de faire son travail correctement et de penser à ses collègues. Bien entendu, la notion de solidarité que les militaires peuvent avoir connu ne sera peut-être pas au même niveau dans une entreprise privée et dans la logistique. Ce qui est ressorti avec les profils militaires est relativement similaire à ce qu’il se passe avec les profils de l’aéronautique, qui ont connu un environnement extrêmement propre, très porté sur les normes et la qualité. Lorsqu’ils arrivent chez nous, ils retrouvent sur le papier cet état d’esprit mais je tâche de les prévenir en toute transparence sur le fait qu’ils n’auront pas fondamentalement le même niveau de rigueur que durant leurs expériences passées. C’est une question de communication et les militaires vont pouvoir transmettre par exemple à des jeunes leur goût pour la rigueur et la qualité.
Quelles difficultés ce manager issu des armées a pu rencontrer dans cette seconde carrière ?
Pour ce qui est des difficultés, il avait par exemple l’œil pour repérer les défauts de qualité ou si quelqu’un partait en vrille, mais la manière de le dire était à travailler. Cela pouvait fonctionner avec les anciens, moins par contre avec les étudiants et la nouvelle génération.
Il y avait besoin qu’il explique aux jeunes sinon, ils ne faisaient pas la tâche : toujours donner du sens. Il faut être vigilant sur le fait d’accepter qu’on anime une équipe dans laquelle il y aura des profils très « corporate » et d’autres qui viennent parce qu’il faut gagner sa vie et qui n’ont aucune passion pour U Logistique. Il faut aussi noter que ces profils sont moins à l’aise lorsqu’une personne vient avec des problèmes personnels, ce à quoi ils peuvent répondre « il faut faire avec ». D’un côté, cela permet de maîtriser le problème mais il s’agit parfois de bombe à retardement. Il est donc nécessaire de laisser un peu de place à la partie « perso ».
Au contraire, quelles facilités ce manager issu des armées a pu rencontrer dans cette seconde carrière ?
Il a laissé des traces dans son intégration dans l’équipe. Il n’est pas arrivé manager mais il est rapidement passé manager chez U Logistique, de par son charisme entre autres. Ce n’est pas qu’une histoire de personne car je pense que cela est travaillé à l’armée. Il s’agissait aussi d’une personne sur qui l’on pouvait compter et toujours disponible pour un coup de main ou tout simplement renseigner.
C’est quelqu’un qui a beaucoup bougé dans sa carrière militaire et qui était donc habitué à faire sa place en arrivant dans une nouvelle équipe. Cela paraît tout bête mais l’esprit de camaraderie est chez nous très important et ce profil a marqué, même lors de séminaire où il a toujours cherché à participer, en ne se mettant jamais en retrait.
Lorsque les informations sont données avec clarté cela fait la différence
Tous les matins, les équipes de logistique commencent leur journée par un briefing. On a beau dire tout ce que l’on veut mais cela donne le ton de la journée. Lorsque les informations sont données avec une clarté dans la voix et de la conviction, cela fait la différence ! Il s’avère que ce profil était très fort pour cela et encore une fois, ce n’est pas qu’une question de tempérament car je pense que c’est une chose qu’il a travaillé durant sa carrière militaire.
Il a aussi chez nous la notion de « passer la journée », c’est-à-dire des jours où l’on n’avait pas du tout prévu ce niveau de colis à préparer mais il faut que le magasin soit livré. On avait en face quelqu’un qui ne serait jamais parti si la journée n’était pas finie, sans même avoir besoin de lui dire car c’était évident pour lui. Lorsque je lui donnais par exemple une deadline pour réaliser ses entretiens annuels, c’était fait dans les temps.
Selon vous, quels seraient les points de vigilance pour un manager lorsqu’il va intégrer un militaire dans son équipe ?
Il faut être attentif à entretenir une relation de transparence et de franchise. Le n+1 ne peut pas passer par mille chemins mais doit dire les choses comme elles sont. Dès le moment de l’intégration, il est aussi important de donner les clés pour avoir un cadre réel et bien expliquer ce qu’on attend du manager pour qu’il puisse composer dans cet environnement.
Il est aussi fondamental de créer un climat favorable pour que ce collaborateur issu des armées puisse éventuellement exprimer sa frustration, chose qu’il n’a peut-être pas eu l’occasion de faire dans sa carrière. Le fait que le n+1 crée un climat de confiance est nécessaire pour permettre à la recrue de dire « c’est un peu dur pour moi » ou qu’il est chamboulé par la nouveauté.
Qu’est-ce que le côté militaire a pu apporter au sein de votre organisation ?
Je pense que cela nous a aidé à garder le cap de la qualité. Il y a toujours la volonté de remplir l’objectif (qui est à la journée chez nous), en mettant les bonnes ressources au bon endroit. Ok on livre les colis, mais on ne livre pas des palettes qui vont tomber lorsque le client va ouvrir le camion !
Que ce soit un préparateur ou un manager, il va regarder son environnement et ne pas se focaliser uniquement sur sa tâche. S’il voit à côté quelqu’un en difficulté, il va spontanément intervenir.

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